ROMAIN PODEUR

par Maryse LALOUX

ROMAIN PODEUR se jette à l’eau en solitaire avec un album Made In London aux sonorités résolument rock. Le nom de cet artiste ne vous dit peut-être rien et pour cause ! C’est sous le pseudo de CANDIDE que le dandy lensois a déjà sorti deux albums studio et officié au sein des groupes LYS et The Incredible Medicine Band en tant que guitariste et bassiste.

Auteur-compositeur-interprète-producteur multi-instrumentiste et lauréat du Tremplin Main Square en 2013, le Frenchie se réapproprie son nom et opère un virage musical engagé chez les Britons tout en confirmant son choix assumé de chanter en français.

Candide, c’était le pseudo de ROMAIN PODEUR, n’est-ce pas ?

Oui, c’est le pseudonyme que j’ai choisi quand j’ai démarré.

Est-ce l’œuvre de Voltaire qui t’a inspiré ce nom ?

Oui, c’est le conte de Voltaire qui m’a inspiré. Je ne me sens pas si pur que ça, et c’est d’ailleurs plus un pense-bête que je m’envoyais pour ne pas oublier de garder un état d’esprit neuf et positif quelque soient les circonstances. Être trop lucide – ou en tout cas chercher à l’être – peut m’empêcher d’agir, me couper de la spontanéité, du rêve. Alors j’essaie d’éviter !

Tu souhaites maintenant sortir ton prochain album sous ton propre nom. Pourquoi ?

A l’époque, il était important pour moi de sortir du schéma classique de la chanson française : un nom et un prénom. Car je me sentais différent, plus rock, plus groupe. Assez rapidement j’ai compris que j’avançais néanmoins de manière solitaire dans la création. Aujourd’hui j’assume davantage ce que je suis : un chanteur français. Il s’agit aussi pour moi de faire peau neuve après quelques années sans sortir de musique. Et finalement ce cheminement m’amène à prendre mon propre nom, pour être le plus direct et honnête possible avec la réalité de la démarche qui est plus « solo » que groupe.

Il me semble que tu as déjà plusieurs albums à ton actif. Où en es-tu dans ta carrière ?

En effet. Deux albums et un « bonus ». J’ai sorti un premier album en 2010 Et si… qui correspondait vraiment à mes premiers pas. Puis un deuxième album en 2014 Au Pays Du Ralenti, sorti de manière plus professionnelle. Les médias locaux du Nord et de Bretagne ainsi que des médias nationaux comme France Inter, Fip, Le Mouv m’ont accordé quelques invitations. Après ça, j’ai eu des difficultés à mener de front la carrière musicale (qui nécessitait encore beaucoup de travail pour devenir professionnel) et le métier de prof d’EPS que je démarrais. En 2016, j’ai quand même publié un album que je ne classerais pas dans mes albums « studios » car c’est un album d’expérimentations qui regroupe des instrumentaux, deux reprises (Gainsbourg et Sheller), deux duos, et surtout des morceaux que je trouvais trop différents pour l’album précédent mais que j’appréciais beaucoup. Aujourd’hui j’ai décidé de prendre un congé de mon métier d’enseignant pour me consacrer totalement au parcours artistique. Un nouvel album est prêt, du point de vue de la musique tout du moins. Reste à travailler sur l’image et l’entourage professionnel.

Sur la Facebook de Candide, on peut lire que tu as été guitariste de LYS jusqu’en septembre 2018 et que tu es maintenant avec The Incredible Medicine Band en tant que bassiste. Tu peux m’en dire plus sur ces deux projets ?

Oui j’étais guitariste du groupe rennais LYS, pour la tournée des 10 ans du groupe. C’est un groupe de rock avec de belles mélodies. Nous nous fréquentions à mes débuts quand j’étais étudiant à Rennes. Étant enfin pleinement disponible pour la musique, j’ai pu accepter la proposition quitte à décaler mes projets d’enregistrements de quelques mois. C’était une super expérience. Qui a même modifié le cours des choses puisque j’y ai rencontré Steve Hewitt avec qui j’ai finalement co-produit mon nouvel album. THE INCREDIBLE MEDICINE BAND est le projet musical d’un ami de longue date, Denis Huet, qui n’est jamais bien loin de moi depuis mes débuts (il a mixé la plupart de mes enregistrements). Nous partageons un amour intact pour la musique des années 60/70. C’est un plaisir d’avoir pu contribuer à mon tour à son travail en tant que bassiste, d’autant plus que la basse est un instrument que j’adore. Laurent Combes était également de la partie. C’est aussi lui qui joue la batterie sur la plupart de mes enregistrements passés, ainsi qu’à mes côtés sur scène. C’est quasiment une histoire de famille. On s’est retrouvés pour faire le disque. Je ne sais pas s’il y aura des concerts. J’aimerais bien !

Qu’est-ce que cela t’apporte de jouer dans ces groupes en plus de ton parcours solo ?

La première chose qui me vient est : « Ça me détend » ! Ah ah! Ne pas avoir à prendre la décision finale, ça fait du bien. Ça me permet surtout de renouer avec comment j’ai démarré, c’est-à-dire, guitariste, autrement dit « joueur d’instrument ». Ça me permet de re-focaliser sur le jeu, plutôt que d’avoir une vision d’ensemble quand je suis dans mes chansons. Aussi, c’est très sain pour moi, c’est un changement de perspective, je vois comment le leader du groupe travaille, quelle dynamique il y a, etc.. Ça m’intéresse beaucoup.

J’ai lu sur ta page Facebook que tu as travaillé avec Steve Hewitt et Paul « P-Dub » Walton pour ce premier album en ton nom. Ca doit sonner plus rock que pop ?

Oui, sonner plus rock était une envie forte. Pop et rock sont deux mots assez vastes. Je reste hanté par la musique de la fin des 60’s, j’aime quand on sent le ‘n’ roll du rock et la construction “pop” des chansons de cette époque. Steve Hewitt, batteur de Placebo sur la plus belle période du groupe à mon sens, et Paul Walton, ont été de parfaits acolytes pour insuffler un état d’esprit plus « live » et un son organique à ce disque.

Photo © Paul Walton

Si j’ai bien compris, c’est Steve Hewitt qui a assuré la batterie et la co-production et Paul Walton qui a assuré les prises et le mixage. Tu peux m’en dire plus sur ces collaborations dignes des plus grands musiciens internationaux ?

En effet, Steve Hewitt joue les batteries. Mais ce serait réducteur de le voir dans le seul rôle de batteur. Car il était présent dans le studio pour chaque minute enregistrée de ce disque. D’où sa casquette de « co-producteur ». Forcément ça m’a permis d’avoir un interlocuteur permanent qui comprenait à la fois très vite ma musique et qui savait, du coup, m’apporter beaucoup, au bon endroit, au bon moment. Son jeu de batterie est superbe bien sûr, mais je crois que ce que je retiens de plus précieux encore réside dans les nombreuses discussions que nous avions sur ce que représente la musique etc.. C’est assez difficile à raconter. Quant à Paul Walton, c’est Steve qui nous a emmenés dans son studio. Vraiment une chouette rencontre. Paul a notamment travaillé aux côtés de Mark Spike Stent, producteur de U2, Coldplay, Oasis, No Doubt, ou encore Lady Gaga, Madonna, Depeche Mode… Bref, c’est vertigineux. Continuant à travailler dans les plus grands studios de Londres, il a récemment monté son propre studio au bout de son jardin. Ça m’était plus familier qu’Abbey Road, tu imagines bien ! Ça m’a permis d’oublier un peu la dimension des gens avec qui je travaillais. Paul était très à l’écoute de ce que je souhaitais. Il apporte une vraie finesse au mix de l’album. Tous deux ont été extraordinaires de pertinence et d’intelligence dans chaque étape de travail. Plus qu’internationaux, ils sont surtout anglais, et je ne te cache pas que c’est de ce côté de la Manche que sont mes oreilles la plupart du temps. Et c’était génial pour moi de passer autant de temps en Angleterre.

J’ai aussi lu que tu recherches un label pour l’album et un tourneur. Est-ce toujours le cas ?

Oui.

Quels instruments pourrons-nous entendre et lesquels joues-tu sur cet album ?

Steve joue les batteries et les percussions. Il y a d’ailleurs pas mal de shakers, tambourins, etc., un élément de la fin des sixties que j’aime beaucoup. Hormis quelques invités, je joue tout le reste, c’est-à-dire les basses, les guitares, les pianos, les claviers… A ce propos il y a pas mal de sons de mellotrons – incontournables dans le fameux « Lucy in The Sky » des Beatles – que mon ami Denis (cf. The Incredible Medicine Band) a contribué à apporter. D’autres claviers plus modernes que j’ai souvent couplés à des riffs de guitares, certains sons inspirés du hip hop des années 90. De la mandoline sur un titre qui fait référence à Morlaix, la ville de mon grand-père en Bretagne, qui ajoute un côté folk, couplé à des nappes basses jouées au clavier et des rythmes qui tournent en boucle, pour trancher. Et bien sûr des guitares, plus souvent électriques qu’acoustiques.

Combien de musiciens y aura-t-il sur scène ? 

On sera quatre. Batterie, Basse, Guitare/claviers et moi au chant et à la guitare ou au clavier.

As-tu l’intention de te produire en dehors de l’Hexagone ?

Oui, j’aimerais bien. D’abord en « francophonie » bien sûr. Et puis si jamais l’occasion se profile, en Angleterre, ce serait une belle histoire.

Quand pourra-t-on entendre ton album ?

L’album complet sortira en fin d’année 2020. Mais je compte rythmer cette année par des publications successives de quelques surprises et singles extraits de l’album. Cela prend du temps car j’ai envie de bien présenter ces chansons. Il y aura des choses à écouter très bientôt.

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