CHERRY BANDY

CHERRY BANDY

Flowers & Trouble

Par Patrick DALLONGEVILLE

Que ce duo/quatuor nous vienne de Lille ne revêt strictement aucune importance.

De façon troublante, les deux plages d’ouverture, «Can’t Get Off» et «Is It My Way», évoqueront aux plus de cinquante ans des souvenirs émus. Réminiscent de ces Faces (à la fois spontanés et un poil bancals), chez qui la combinaison d’un grand vocaliste, d’un gratteux lorgnant vers Keith Richards et d’un compositeur féru de country, soul et folk amerloques, CHERRY BANDY réunit en effet nombre des qualités rares de ce combo, qui associait voici un demi-siècle des talents aussi disparates et complémentaires que ceux de Ronnie Wood et Ronnie Lane. Si ces derniers, au lieu d’élire pour chanteur leur voisin de comptoir Rod Stewart, avaient eu le flair de jeter plutôt leur dévolu sur une vocaliste, cela aurait pu donner CHERRY BANDY (comme le confirme ici le confondant «Rock n’ Roll Star»). À savoir un habile compromis entre rythmes intrinsèquement rock, et ces arrangements semi-acoustiques dont Bernard « Bernie » Malyga semble détenir la formule. Le timbre à la fois clair et sensuel de sa complice Andrea « Andy » Teinturier achève d’emporter l’adhésion, que ce soit sur le soul-cajun twist «Family Business» (rehaussé d’un savoureux chorus de kazoo) ou sur l’émouvante rock-ballad «Fame Over» (où Bernie sort la Telecaster de son étui, pour des licks très seventies). Le final «Front Tears» (ach, cheu de mots !) emporte les mélismes espagnols d’Andy sur la trame flamenco que tissent les doigts de Bernie, qui lui répond avec un accent prononcé. S’ils se montrent capables de reproduire ce genre d’exploits sur scène, on les signe ILLICO!.