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SUNSTARE

ven24juinToute la journéedim26ROCK IN BOURLON #10EYEHATEGOD, MARTYRDÖD, NYTT LAND, RADAR MEN FROM THE MOON, TUNIC, GODFLESH, ECSTATIC VISION, INSECT ARK, INTER ARMA, MAGGOT HEART, MESSA, OKKULTOKRATI, PORTRAYAL OF GUILT, THOU, DIE WILDE JAGD, LILI REFRAIN, NEPTUNIAN MAXIMALISM, THE MIDNIGHT GHOST TRAIN, SLIFT, SUNSTARE, WE NEED A PLUMBER Infos: Rock In Bourlon BOURLON [62]

Par Romain RICHEZ

Groupe lillois aux différentes inspirations (sludge, doom et post-hardcore, mais pas que !), SUNSTARE est de retour avec un troisième album : Ziusudra. Et nous en avons profité pour leur poser quelques questions ! Entretien avec Peb (chant).

De prime abord, comment présenter l’univers de SUNSTARE aux lecteurs qui ne vous connaîtraient pas encore ?
SUNSTARE est un groupe lillois qui mélange différentes inspirations provenant grossièrement du sludge, du doom et du post-hardcore (mais pas que !), dans un amas monolithique et lancinant, d’une lourdeur dantesque (tout ça !). Nous sommes actifs depuis 2013, avons sorti notre premier album Under The Eye Of Utu (autoproduction) en 2015, le second Eroded (autoproduction) en 2018 et Ziusudra vient de sortir le 13 mai dernier chez Source Atone Records (NDLA : le label de Néfastes, Junon, Nature Morte, etc.). Nous avons toujours été inspirés par la cosmogonie sumérienne pour construire notre travail et cela se ressent énormément sur notre dernier enregistrement, ainsi que dans l’imagerie que nous avons toujours pu développer au fur et à mesure de notre évolution artistique. D’ailleurs, nous essayons de créer un univers complet, pas juste musical, autour de notre projet. Aussi, nous travaillons à faire de nos concerts des expériences sensorielles globales, impliquant chacun des sens de nos auditeurs et où nous essayons de leur faire vivre réellement l’instant et de les transporter dans un flux d’émotions submergeantes.

Comme tu le dis, il est difficile de parler de SUNSTARE sans parler de son appétence pour les légendes sumériennes. Que peux-tu nous en dire ?
C’est une grande histoire d’amour ! Pour faire simple, c’est quelque chose qui est présent depuis le début, puisque nous avons pris le parti de parler de « Utu », Dieu du Soleil, depuis notre premier album. Les experts découvrent toujours plus de choses sur les débuts de l’humanité moderne en mésopotamie et j’ai l’intime conviction qu’en connaître davantage sur les humains de cette époque nous permet d’en connaître davantage sur nous, nos peurs les plus fondamentales et nos sentiments les plus sincères. Par ailleurs, l’iconographie et notamment les cunéiformes, d’une beauté esthétique formidable, sont autant d’inspirations qui nourrissent notre musique, que je trouve très visuelle (en tout cas, pour moi). Je pense qu’on le retrouve d’ailleurs sur nos pochettes et dans notre clip !

Comment vous accaparez-vous ces mythes et les transposez-vous dans vos paroles ?
Tout d’abord, l’univers très riche de Sumer, son imagerie, ses croyances, sont un excellent moyen d’exprimer nos propres émotions et histoires en seconde lecture. J’aime à penser que les êtres qui existaient à cette époque ne sont que peu ou prou différents de ceux qui peuplent notre planète aujourd’hui. Aussi, il est très simple de pouvoir personnifier ses sujets à travers une opposition métaphorique « humains/dieu » dans nos chansons (même si c’est bien sûr plus compliqué et subtile que cela dans le texte) afin de parler de santé mentale, de solitude, de sexualité, de colère, d’écologie etc. Pour cet album, nous avons fait le choix d’aller plus loin en se servant du Poème du Supersage comme support pour nos éructations.

Ziusudra, votre troisième opus vient de sortir. Que dire de ce nouvel album ?
Plein de choses ! Oserai-je tenter un « album de la maturité », aussi poussif qu’incertain ? En tout cas, c’est une évolution assez logique de notre musique, je crois. Under The Eye Of Utu était très massif et monolithique. Un enchaînement de chansons qui avaient une volonté simple : être écrasantes, d’une lourdeur étouffante, une sale chape de plomb s’abattant avec fracas sur les corps. Sur Eroded nous avions voulu enrichir le propos, lui donner davantage d’équilibre, avec des touches plus post-metal et post black. C’était une forme de découverte de nous-même. Pour Ziusudra, l’envie de faire un album où le sens des chansons importe a légèrement changé notre approche, puisque l’écriture des instruments devait (en partie, en tout cas), suivre le propos et la narration. Aussi, l’utilisation de la double pédale est plus accentuée, le côté « sludge » aussi. L’écriture s’est vraiment complexifiée, en sortant de compositions binaires et en jouant sur plus de variété. In fine, j’ai la sensation que nous avons trouvé qui nous sommes, notre identité et peut-être, une forme d’équilibre.

Après trois albums, SUNSTARE paraît plus libéré musicalement et semble savoir où il veut aller. La composition du petit dernier fut-elle plus facile ?
Et bien, tout d’abord, merci ! C’est effectivement notre ressenti, comme je le disais en fin de dernière réponse (Je n’avais pas lu la question suivante, donc je suis content que cela se voit de l’extérieur !). Pour autant, dire que la composition a été plus facile reste à nuancer : J’ai envie de dire que la composition a été naturelle et que cela suit notre parcours. Mais c’était déjà le cas pour les deux derniers albums, puisqu’on ne cherche pas à forcer les choses, on les veut évidentes. Au final, cela suit notre propre évolution et c’est très bien ainsi. Pour autant, les événements n’ont pas facilité la tâche, comme tu t’en doutes… La Covid a clairement rallongé la période de gestation, puisque nous aurons mis quatre ans à sortir cet album, contre deux pour Under The Eye Of Utu par exemple.

« Je trouve cela très amusant de nommer un album Ziusudra, qui signifie « Vie à jours étendus » ou immortalité, alors qu’on parle principalement de fin du monde ! »

Peut-on considérer que Ziusudra s’inscrit dans la continuité de ses deux précédents ?
En termes d’évolution musicale, oui. Je pense que les ingrédients qui font de SUNSTARE ce qu’est SUNSTARE ont toujours été là (et le seront certainement toujours). Au final, c’est surtout une évolution logique et naturelle. Chacun, à travers nos propres transformations et mutations, nous venons ajouter de nouvelles pierres à cet édifice afin de le faire grandir et lui donner une forme plus aboutie. J’ai hâte de voir à quoi va ressembler le prochain !

Que dire de ce nom « Ziusudra » et du récit principal qui traverse l’album ?
Plus j’y pense et plus le cynisme et l’ironie derrière ce nom me fait rire. Je trouve cela très amusant de nommer un album Ziusudra, qui signifie « Vie à jours étendus » ou immortalité, alors qu’on parle principalement de fin du monde ! A propos du récit, j’apprécie la poésie qui émane du texte originel et qui fait assez écho à ce que je souhaite mettre dans mes propres textes. Le fait de plonger dans le berceau de l’humanité afin de découvrir l’essence même d’un texte les plus connus de l’humanité, à travers la version chrétienne de l’Arche de Noé, est absolument passionnant, je trouve !

D’ailleurs, peut-on parler de concept album pour qualifier ce disque ?
Je pense que cela peut rentrer dans cette catégorie, en effet. On peut avoir ses préférences sur les chansons, etc … Cependant, je crois que le meilleur moyen d’apprécier l’album, toutes ses saveurs, et tout ce qu’il a à proposer; c’est de se plonger dans le noir, de s’allonger confortablement, de fermer les yeux et de l’écouter bout à bout afin de suivre Uta-Napishtim dans son voyage périlleux.

Quelques mots sur la signature avec Source Atone Records ?
Quel plaisir ! Encore une fois, j’ai l’impression que les étoiles (ou les dieux au dessus) s’alignent ! Nous avons eu la chance de tourner avec Chris en 2019 et c’est à cette occasion que nous nous sommes liés d’amitié. Aussi, lorsqu’il a créé son label, nous connaissions déjà le trublions : En plus d’apprécier la personne, nous savions de ce fait qu’il était également quelqu’un de fiable et un artiste accompli qui comprend une vision artistique sur laquelle nous ne souhaitions pas faire de compromis. Nous lui avons donc envoyé, à lui et Arnaud, les pre-prods de ce nouvel album et notre chance a été qu’ils ont aimé et ont dit oui ! Depuis, nous voyons à quel point c’est une chance de travailler avec eux, puisque tout est facile et qu’ils mettent énormément de cœur et de talent à accompagner les artistes qu’ils signent.

Le Rock In Bourlon sera la première date suite à la sortie de l’album. Pressés ou stressés ?
Tellement pressés ! Nous devions y jouer en 2019 à l’origine et plein de raisons ont fait que cela a dû être repoussé (coucou le covid). Pour nous, c’est un moment particulier et nous allons faire absolument tout ce qui est possible pour que cela le soit aussi pour ceux qui viendront partager cet instant avec nous.

D’autres dates en perspective ?
Oui ! Mais je n’ai pas le droit d’en parler dans l’immédiat (rires !) En tout cas, nous souhaitons organiser des mini-tournées de quelques jours et une plus grosse tournée en 2023. Ce message est pour tous les organisateurs de concerts : Nous avons une envie indescriptible de retourner parcourir la France et de faire de nouveaux des concerts ! N’hésitez pas à nous contacter, nous serons ravis de nous déplacer et nos conditions sont raisonnables ! Qui plus est, nous sommes un groupe sympathique et respectueux. Que demander de plus ?

Comme le veut la tradition, je te laisse le dernier mot.
Merci beaucoup pour cette interview ! L’album est d’ores et déjà sur les plateformes et en vente. Nous n’avons qu’une hâte, c’est que vous l’écoutiez et de partager avec vous en concert, lors de l’un de nos rituels !