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UNDERVOID

Par VANDAL

Rencontre avec Arnaud (chant), Marc (guitare) et Mathias (basse), au milieu de trois groupies d’un certain âge. C’était l’bordel !

Présentez-nous le groupe, qui, quand, comment ?
Le groupe est créé en 2016, avec à l’origine, un autre bassiste, Bill. On a sorti deux EP cette année là, puis deux autres. Ça nous a permis de pas mal tourner un peu partout en France. Fin 2019, enregistrement de notre premier album (Le Noir Se Fait).

Et un deuxième album qui se prépare ?
On enregistre la semaine prochaine en Belgique au Daft Studios. A Malmedy en Wallonie, au milieu de la forêt. On a enregistré le premier album chez Rémi Gettlife, qui est très très fort. On a fait ça dans son studio, chez lui, en Alsace-Haut Rhin. Très analogique, on l’a fait en mode années 60-70, tout en live. La version vinyle, on l’a faite masteriser sur bandes à Abbey Road (NDLA : par Sean Magee. Qui a travaillé avec Deep Purple, Nina Simone, Ramones, Duke Ellington, Sex Pistols…), donc il n’y a aucun traitement numérique. On a poussé le délire de l’analogique. Comme on s’est super bien entendu avec lui et qu’il est très bon en tant que producteur au sens large (il est aussi arrangeur, a une très bon oreille), on l’a lancé sur le deuxième album… Il était chaud à le faire avec nous. Mais on avait une envie commune, c’est de faire quelque chose qui avait un peu plus de moyens de production. On a eu plusieurs choix à la base. La Belgique, c’était plus simple logistiquement.

UNDERVOID c’est notre premier projet sérieux, notre projet de cœur.

Y a-t-il une « scène rock » émergente du côté de Strasbourg ?
On parle de Rémi Getliffe. Il a fait Dirty Deep, Last Train. C’est une grande famille. Il y a beaucoup de groupes. On bosse avec la Laiterie (NDLA : salle de concerts à Strasbourg), le Kawati (studio), qui est un lieu géré par des passionnés de musique un peu plus extrêmes ou le punk. Il y a donc une vrai scène. Il y a énormément de groupes. Ce serait difficile de les citer là. Nos potes de Yurodivy (post-hardcore) qu’on vous invite à écouter parce que c’est énorme. Ils font beaucoup de choses, ils organisent, ils produisent… Y a tous les groupes du Kawat’, les Burning Birds… C’est un vaste microcosme. Ce sont des groupes qu’on aime bien, humainement, leur son, avec qui on a joué.

Vous touchez à tout le panel rock (cold, hard, 70’s, alternatif…) et chacun semble maîtriser son instrument. Comment définissez-vous votre style ?
C’est du gros rock qui tâche ! Le premier album était un peu un bloc-rock. On apprenait tout avec cet album. On avait déjà édité des petits trucs. UNDERVOID c’est notre premier projet sérieux, notre projet de cœur. On est intermittent depuis peu. Le deuxième album est différent en terme de son, de style. On ne va pas faire deux fois le même album sinon on s’fait chier. L’arrivée de Mathias dans le groupe à la place de Bill, a amené d’autres influences, d’autres feelings. C’est une ambiance plus moderne, plus nuancée, plus stone. Il y a plus de relief.

Sur scène, vous semblez investis, comme en transe ? Racontez-nous !
On a fait de la musique parce qu’on avait envie d’en faire. On s’est rencontrés, on s’est retrouvés dans une cave avec rien. On a envoyé. On s’est dit direct : c’est parti ! Dans les premières compos, sans dire que c’était naïf, on vivait déjà le truc. C’est après, avec le temps, que les compositions sont devenues plus poignantes. La musique dégage plus ou moins de force, elle influe sur les textes. Les textes, eux, vont donner un tempérament. Quand on compose, il y a souvent des idées de base, après on va chercher les détails. En fait on se laisse porter par le son. Si ça marche, ça marche, on vit ce son. C’est des vibrations. C’est honnête, on vient de loin. Sans tomber dans les clichés, on se considère comme chanceux de faire ce qu’on fait. Et la musique qu’on en fait nous pousse. On est pris dans l’énergie. Tu lâches les vannes… la transe dont tu parles, c’est atteindre une certaine forme de sincérité et se laisser prendre par la musique. On est un outil pour servir tout ça.

Quels sont les thèmes abordés dans les chansons ?
En effet, par les textes avec l’adéquation musicale, il y a des messages (NDLA :c’est Arnaud qui écrit les chansons). Mais pas tant que ça. Je veux que les gens se retrouvent eux-mêmes (dans les paroles). Actuellement, on nous balance plein de problèmes de partout. En fait, on attire notre attention, on nous occupe l’esprit. J’essaie d’atteindre l’inverse en disant d’ignorer toutes ces merdes qu’on nous balance, pour que les gens s’occupent d’eux-mêmes, qu’ils aillent chercher en eux les forces qu’ils ont. Ce qu’on vit nous, dans notre musique, c’est ça. C’est la transe dont tu parlais. Notre aventure, elle est folle, elle est humaine. C’est LE projet qui fait notre vie. On en profite et on le donne. Ça transpire dans les textes. On ne fait pas trop l’erreur de pointer bêtement la caricature d’un problème. Celui qui est pour ou contre tel politicien, il utilise autant de temps de sa pensée que son opposé. Il a autant d’avis. On invite plutôt les gens à vivre, à se tourner vers les gens qui leur sont proches. On n’a pas envie ni vocation à tomber dans un discours politique. On est des fils de prolos. On est un groupe de rock, pas un parti politique.

D’où vient le nom du groupe ?
Choisir un nom de groupe, ça fait toujours chier. UNDERVOID est l’un des premiers noms qui est tombé. On avait le logo qui allait avec. Plus ou moins littéralement, c’est « sous le vide ». Le logo, un rond et une croix, c’est le côté un peu pirate. En thématique, on est souvent dans le noir (NDLA :rapport au titre de l’album, leur tenue sur scène).

Les prochaines dates ?
On est en studio fin mai, pour une sortie du 2ème album au printemps 2023. On tournera à partir de cet automne. On bosse avec une bookeuse, Sophie Hemmerling, qui est formidable. On joue le 2 juin avec les Nashville Pussy au Faucon Malté (NDLA : brasserie de Framont + café-concert associatif = bonnes bières et bon son) à Grandfontaine (25). Il y aura une release party ou deux. On repassera par le Nord.